ACCOMPAGNEMENT ENTREPENEURIAL : Sandrine Cueille, Gilles Recasens, quels sont les enjeux liés aux dispositifs en faveur des TPE-PME ?

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Sandrine Cueille, Gilles Recasens, quels sont les enjeux liés aux dispositifs d'accompagnement des TPE-PME ?

Commençons par la création d’entreprises. Le taux de survie à 5 ans des entreprises crées est d’environ 50%, ce qui souligne la nécessité de ne pas porter une attention exclusive au nombre de créations. Parallèlement, environ 30% des entrepreneurs bénéficient d’un accompagnement, par une structure d’amorçage, un incubateur, un accélérateur, une pépinière ou une technopole dans les premières étapes de la vie de l’entreprise. Enfin, le coût des dispositifs de soutien à la création d’entreprise est évalué annuellement à environ 3 milliards d’euros par la Cour des comptes. Au-delà, de nombreux dispositifs d’accompagnement visent aujourd’hui à favoriser la croissance durable ou la pérennité des entreprises accompagnées et pas seulement leur création. Ces quelques chiffres illustrent combien il est important d’évaluer l’efficacité des dispositifs proposés.

 

Alors, ces dispositifs sont-ils efficaces ?

Les premières recherches partageaient une lecture monodimensionnelle de cette efficacité, centrée par exemple sur la capacité des structures à sélectionner convenablement les entreprises. Elles ignoraient le « processus d’accompagnement ». Les travaux les plus récents proposent des modèles multidimensionnels d’évaluation. Ils intègrent de nombreux indicateurs permettant notamment d’estimer la satisfaction des entrepreneurs accompagnés ou les apprentissages issus de l’accompagnement. Il reste cependant difficile de définir un modèle unique d’évaluation de la performance des dispositifs d’accompagnement du fait de leur très grande variété. Celle-ci résulte de la nature de l’activité des entreprises accompagnées (entreprises technologiques innovantes, artisanat, etc.), de l’étape du développement ciblé par l’accompagnement (amorçage, création, mais aussi, et de plus en plus, la phase de croissance) et du type de structures portant le dispositif (publiques, ou privées telles que Station F) fondées sur des modes de financement différents et orientées vers la satisfaction de parties prenantes différentes. Par exemple, les dispositifs portés par des structures publiques poursuivent très souvent un objectif de développement économique du territoire. Il peut s’agir, selon les cas, de faciliter la création et l’implantation de nouvelles entreprises sur le territoire, de favoriser sa reconversion économique ou d’y développer un cluster économique.

 

Sur quoi reposent ces dispositifs ?

Ils proposent différents types de services : mise à disposition d’espaces de travail, insertion dans les réseaux d’affaires, formation collective ou individuelle, coaching, mentorat. Ces services constituent la partie visible de l’accompagnement, que l’on retrouve dans les programmes affichés par les structures dédiées. Sur le plan scientifique, il est intéressant de se demander sur quoi reposent ces dispositifs. Au-delà des services proposés, les recherches identifient ainsi différentes fonctions que ce processus doit assurer : en particulier, renforcer la compréhension du fonctionnement de la filière économique ou de l’écosystème, accroitre la légitimité de l’entrepreneur, notamment pour améliorer l’accès aux ressources : financements, compétences, technologies, équipements, etc. Sur ce dernier point, les recherches récentes soulignent également le rôle essentiel du processus d’accompagnement en matière d’orchestration des ressources, de manière à créer des capacités organisationnelles susceptibles de soutenir la mise en œuvre de la stratégie de l’entreprise.